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Discographie de base

     
 

Berlioz : une initiation discographique

 
     
  Il est toujours périlleux d’établir une discographie précise et pratique de l’œuvre d’un compositeur, tant la rapidité d’apparition et de disparition des enregistrements rend leur recension difficile ; tant, également, les multiples éditions, rééditions et compilations, agrémentées des couplages les plus divers et des changements de marque, font du paysage discographique l’un des plus mouvants qui soient. Sans oublier les possibilités du téléchargement de fichiers numériques. Nous indiquons malgré tout ici quelques versions qui nous paraissent recommandables pour s’initier par le disque à la musique de Berlioz, sachant qu’il est impossible de s’en tenir à une seule version pour chacune des œuvres choisies.  
 
 

Symphonies

   

 

 

Symphonie fantastique

- Boston Symphony Orchestra, dir. Charles Munch (1962). Un enregistrement adolescent : fébrile, rêveur, fiévreux.

- London Symphony Orchestra, dir. Colin Davis (1963). Un classique entre les classiques. Apollon et Dyonisos réunis.

- London Classical Players, dir. Roger Norrington (1989). La première version enregistrée sur instruments historiques.

- avec Lélio ou le Retour à la vie : Jean-Louis Barrault, John Mitchinson, John Shirley-Quirk, London Symphony Orchestra & Chorus, dir. Pierre Boulez (1967). Implacable et explosif.

   
 

Harold en Italie

- Nobuko Imaï, alto ; London Symphony Orchestra, dir. Colin Davis (1975). De la mélancolie et de la fureur : idéal.

- William Lincer, alto ; New York Philharmonic, dir. Leonard Bernstein (1962). Un Bernstein beaucoup plus scrupuleux que ce que laisserait imaginer sa (fausse) réputation.

   
 

Roméo et Juliette

- Florence Quivar, Alberto Cupido, Tom Krause, Chœur et Orchestre symphonique de Montréal, dir. Charles Dutoit (1986). Un orchestre magnifique, superbement enregistré.

- Catherine Robbin, Jean-Paul Fouchécourt, Gilles Cachemaille, Monteverdi Choir, Orchestre révolutionnaire et romantique, dir. John Eliot Gardiner (1998). Une version sur instruments d'époque, qui permet en outre d'entendre différents états de la partition.

   
 

Symphonie funèbre et triomphale

- London Symphony Orchestra, dir. Colin Davis (1970). Une stèle monumentale ornée de saisissants bas-reliefs.

   

Œuvres sacrées

   

 

Messe solennelle

- Donna Brown, Jean-Luc Viala, Gilles Cachemaille, Monteverdi Choir, Orchestre révolutionnaire et romantique, dir. John Eliot Gardiner (1993). L’enregistrement historique d’une partition miraculée.

 

 

Requiem

- Ronald Dowd, London Symphony Orchestra & Chorus, dir. Colin Davis (1969). Architectural, rayonnant, épileptique.

- Robert Murray, Wroclaw Philharmonic Choir, Gabrieli Consort & Players, Wroclaw Philharmonic Orchestra, Chetham’s School of Music Symphonic Brass Ensemble, dir. Paul McCreesh (2010). Sur instruments d’époque, avec la prononciation du latin idoine. Fiévreux et saisissant.

 

Te Deum

- Roberto Alagna, Chœur & Orchestre de Paris, dir. John Nelson (2001). Une version sans faille, avec les deux mouvements instrumentaux facultatifs.

 

 

L’Enfance du Christ

- Peter Pears, Elsie Morison, Joseph Rouleau, English Chamber Orchestra, dir. Colin Davis (1961). Une transparence incomparable.
- Nicolai Gedda, Victoria de Los Angeles, Ernest Blanc, Roger Soyer, Orchestre de la Société des concerts du conservatoire, dir. André Cluytens (1966). Du naturel et de la clarté.

- Paul Agnew, Véronique Gens, Laurent Naouri, Frédéric Caton, La Chapelle royale, dir. Philippe Herreweghe (1997). Sur instruments anciens, avec des voix idéalement choisies.

 

Opéras

 

 

 

Benvenuto Cellini

- Nicolaï Gedda, Christiane Eda-Pierre, Jane Berbié, Jules Bastin, Robert Massard, Roger Soyer, Chœur de Covent Garden, BBC Symphony Orchestra, dir. Colin Davis (1972). Musicalement insatisfaisante (elle fait de Benvenuto un opéra-comique !), une version irrésistible d’élan, de verve, de couleur.

- Gregory Kunde, Patrizia Ciofi, Joyce DiDonato, Laurent Naouri, Jean-François Lapointe, Renaud Delaigue, Chœur de Radio France, Orchestre national de France, dir. John Nelson (2004). La version qui s’impose, musicologiquement, bien qu’elle soit moins engagée que la précédente.

 

Les Troyens

- Berit Lindholm, Josephine Veasey, Jon Vickers, Chœur et Orchestre de Covent Garden, dir. Colin Davis (1969). Enregistrée dans la foulée des représentations de Covent Garden, une version historique avec l’Énée surhumain de Jon Vickers.

- Petra Lang, Michelle DeYoung, Ben Heppner, London Symphony Orchestra & Chorus, dir. Colin Davis (2001). Une lecture plus mûrie que la précédente, avec une distribution maîtrisant mieux le français.

- DVD : Anna Caterina Antonacci, Susan Graham, Gregory Kunde, Chœur du Châtelet, Orchestre révolutionnaire et romantique, dir. John Eliot Gardiner (2003). Les Troyens du centenaire, avec une Antonacci brûlante et un orchestre idéal.

 

Béatrice et Bénédict

- Susan Graham, Jean-Luc Viala, Sylvia McNair, Chœur et Orchestre de l’Opéra de Lyon, dir. John Nelson (1992). Une version musicalement séduisante, avec l’intégralité des dialogues.

 

Autres œuvres avec chant

   

 

Lélio ou le Retour à la vie

- Lambert Wilson, Richard Clement, Gordon Gietz, Philippe Rouillon, Chœur et Orchestre symphonique de Montréal, dir. Charles Dutoit (2001). Apollinien.
Voir aussi Symphonie fantastique.

   

 

La Damnation de Faust

- Georges Jouatte, Mona Laurena, Paul Cabanel, dir. Jean Fournet (1943). Un vibrant enregistrement avec les héritiers d’une grande époque du chant français.

- Nicolaï Gedda, Josephine Veasey, Jules Bastin, London Symphony Orchestra & Chorus, dir. Colin Davis (1973). Une version où se conjuguent l’intelligence et l’instinct, entre méditation et engagement.

   

 

Huit Scènes de Faust

- Susan Graham, Susanne Mentzner, John Mark Ainsley, Philip Cokorinos, Orchestre symphonique de Montréal, dir. Charles Dutoit (2003). L’enregistrement soigné d’une œuvre composée pour l’esprit.

   

 

Cantates du prix de Rome

- La Mort d’Orphée, Herminie, Cléopâtre, La Mort de Sardanapale. Michèle Lagrange, Béatrice Uria-Monzon, Daniel Galvez-Vallejo, Orchestre national de Lille, dir. Jean-Claude Casadesus (1996). Les quatre cantates ensemble : une première, qui n’a jamais été tentée par la suite.

- Herminie : Mireille Delunsch, la Chapelle royale, dir. Philippe Herreweghe (1995). Irrésistible.
Aurélia Legay, Mahler Chamber Orchestra, Les Musiciens du Louvre, dir. Marc Minkowski (2003). A peine moins irrésistible.
- Cléopâtre : Anne Pashley, English Chamber Orchestra, dir. Colin Davis (1963). Une voix un peu métallique, un orchestre en feu.

- La Révolution grecque, Le Cinq-Mai, L’Impériale (+ La Mort d’Orphée). Gérard Garino, Ruud van der Meer, Lieuwe Visser, Chœur et Orchestre de la radio néerlandaise, dir. Jean Fournet (1988). Une flamme et une rigueur incomparables.

   

 

Les Nuits d’été

a) par plusieurs voix :
Sheila Armstrong, Josephine Veasey, Frank Patterson, John Shirley Quirk, London Symphony Orchestra, dir. Colin Davis (1969). Une diction soignée, des couleurs orchestrales inouïes.

b) par une seule voix :
Susan Graham, Orchestre de Covent Garden, dir. John Nelson (1997). Une voix magnifique, un orchestre en léger retrait.
Brigitte Balleys, La Chapelle royale, dir. Philippe Herreweghe (1995). Un équilibre presque idéal.
Bernarda Fink, Deutsches Symphonie Orchester Berlin, dir. Kent Nagano (2007). Un bijou de couleur et de sensibilité qui n’excuse pas l’attentat dont s’est rendu coupable Nagano en 2015 contre Berlioz (la commande d’une version abrégée des Troyens à Pascal Dusapin).

   

 

Autres mélodies

a) avec orchestre :
La belle voyageuse, Le jeune pâtre breton, La Captive, Le Chasseur danois, Zaïde : Sheila Armstrong, Josephine Veasey, Frank Patterson, John Shirley Quirk, London Symphony Orchestra, dir. Colin Davis (1969). Une diction soignée, des couleurs orchestrales inouïes.

b) avec piano :
Irlande : April Cantelo, Helen Watts, Robert Tear, Richard Salter, Monteverdi Choir, dir. John Eliot Gardiner (1968). Le témoignage d’un chef de chœur devenu par la suite un grand chef d’orchestre.

   

 

Tristia

- London Symphony Orchestra & Chorus, dir. Colin Davis (1969-1982). On peut difficilement imaginer plus poignant.

   

 

Ouvertures

- London Symphony Orchestra, dir. Colin Davis (1965). De la fougue et de la nostalgie.

- Scottish National Orchestra, dir. Alexander Gibson (1982). Un peu plus de fougue que de nostalgie.

- Orchestre symphonique de Montréal, dir. Charles Dutoit (1997). Un peu moins de fougue que de nostalgie.

 

Berlioz en quatre mouvements

   

 

1) pour s’embarquer :

- Symphonie fantastique : dir. Colin Davis (1963).

2) pour aller plus au large :

- Requiem : dir. Paul McCreesh.
- La Damnation de Faust : dir. Colin Davis (1973).

3) pour vivre l’aventure :

- Roméo et Juliette : dir. John Eliot Gardiner.
- L’Enfance du Christ : dir. Philippe Herreweghe.
- Harold en Italie : dir. Colin Davis (1975).

4) pour faire le grand voyage :

- Benvenuto Cellini : dir. John Nelson.
- Béatrice et Bénédict : dir. John Nelson.
- Symphonie fantastique + Lélio ou le Retour à la vie : dir. Pierre Boulez.
- Les Troyens : dir. John Eliot Gardiner (DVD).

 

Sélection effectuée par Christian Wasselin
 
     
 
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